Entretien : l’appui de DID-Sénégal à la finance inclusive en Afrique de l’Ouest

23 mars 2020

En 2004, DID mettait en place un bureau régional à Dakar, au Sénégal, afin de mieux desservir les pays d’Afrique de l’Ouest. Le bureau régional de Dakar offre les services d’une équipe de consultants nationaux pouvant apporter des appuis dans tous les domaines de la finance inclusive. DID-Sénégal travaille en collaboration avec les principaux réseaux mutualistes (Nyèsigiso, Kafo Jiginew, RCPB, PAMECAS, FUCEC, FECECAM) et autres Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), les associations professionnelles (AP-SFD) ainsi que les autorités réglementaires et ministères de tutelle du secteur de la finance inclusive.

Nous vous proposons de mieux connaître la réalité de nos collègues de Dakar par le biais du témoignage de Malick Seye, coordonnateur du bureau de DID-Sénégal.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et la façon dont vous avez joint l’équipe de DID-Sénégal?

Je suis titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, d’une maîtrise en finance et gestion des risques et d’un MBA international. Après ma formation, j’ai rejoint le cabinet REMIX à titre de consultant. J’étais chargé d’encadrer les institutions de microfinance (qu’on appelle systèmes financiers décentralisés au Sénégal) de la zone de Niayes en matière de comptabilité et de gestion.

Les résultats probants obtenus auprès de ces clients m’ont valu d’être repéré par le Projet de Promotion des PME Horticoles, exécuté par la Coopération Technique Belge (actuellement ENABEL) où j’ai été recruté comme responsable du volet crédit et mutualisation. Mon mandat consistait alors à institutionnaliser le dispositif de financement des activités horticoles, toujours dans la région de Niayes.

Je me suis joint à DID en septembre 2004, une décision qui a concrétisé ma volonté de m’ouvrir à l’international de façon à confronter mes expériences antérieures à d’autres contextes. À DID, j’ai évolué des lignes opérationnelles vers celles managériales. D’abord expert en opérations bancaires puis chef d’équipe dans le projet Transfert et accompagnement national pour le développement d’une expertise en microfinance (TANDEM), j’ai aussi occupé la fonction de coordonnateur technique dans le Projet régional d’appui au secteur de la microfinance en Afrique de l'Ouest (PRAO). Depuis 2018, j’assure la coordination du bureau régional Afrique de l’Ouest de DID basé à Dakar.

Quels sont les défis quotidiens auxquels vous devez faire face dans le cadre de vos fonctions?

Au-delà des défis usuels qui se posent à tout gestionnaire (animer et mobiliser les équipes vers les objectifs, remplir le carnet de commande), nous faisons face à des enjeux spécifiques tels que la nécessité d’évoluer avec les limites du terrain de jeu déjà tracé par les politiques locales, l’importance d’adapter les méthodologies et approches à chaque cible, à chaque contexte d’intervention, la diversité grandissante des acteurs utilisant des approches qui ne sont pas toujours compatibles, et finalement, la promotion de notre différence coopérative au moment où ce modèle est sérieusement bousculé dans notre aire géographique.

En quoi travailler chez DID est-il différent?

Travailler à DID est différent à plus d’un titre : la co-construction est permanente, ce qui est reflété dans les échanges nourris entre siège, terrain et partenaires locaux. Un savant mélange entre l’exigence de résultat et le droit à l’apprentissage (et donc à l’erreur) est entretenu. Le profond respect des politiques du pays d’intervention est exigé et, finalement, le climat de travail est convivial et s’apparente à celui d’une grande famille, « à l’africaine » dirions-nous ici.

Qu’est-ce qui vous rend fier de travailler chez DID?

Le sentiment de contribuer à l’amélioration des conditions de vies des populations. En effet, en aidant leurs institutions financières locales à mieux performer, on dote les communautés d’un puissant outil de prise en charge de leur propre avenir.

Un coup de cœur à partager?

Récemment, j’ai reçu un haut responsable d’une importante institution financière qui m’a fait part de sa vision pour celle-ci : « Je souhaite faire de mon institution le Desjardins de l’Afrique et je compte sur DID pour m’y aider », m’a-t-il affirmé, en référence évidemment à la contribution décisive du Mouvement Desjardins à l’amélioration des conditions des populations du Québec.